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Un autre de mes chums a pogné 30 ans hier. La gifle fut brutale.
La trentaine. C'est terrible.
Mon corps se moque de moi.
Douleurs sans raisons manifestes. Se traîner quotidiennement sur un tapis roulant et se pétrifier quand même (dans le sens de perte de fluidité de mouvements et non pas six pack découpé).
Mon esprit semble s'évaporer aussi. Pis ça ça m'fait chier. Apeurant, grave.
L'usure d'un ordi qu'on a gavé d'infos inutiles à mémoriser et qu'on a programmé pour répondre à trop de fonctions multi task en même temps. System overload.

J'entends déjà les trentenaires (et ceux de 40 aussi !) s'extrairent de cette description avec ferveur, à s'époumoner ! Mais quelque chose dans leurs passions bucoliques, dans leurs rides botuliques, dans leurs sourires synthétiques et leurs regards anesthésiés finira par céder. Shut up.

Jamais auparavant, dans mes deux autres foutues décennies de vie, j'avais senti mon être divisé si nettement en trois départements distincts : Le corps, l'esprit et l'âme. Ouais ouais, je sais. Vous êtes une méchante gang à ne pas croire à l'existence de l'âme. Moi, j'suis quasiment certaine que c'est ça qui reste à la fin.

Parce que la seule chose qui grandit en moi, c'est l'inexplicable. Ma périphérie générale !
Ma poésie, ma philosophie, mon émerveillement, ma grandeur et mon abîme, ma vulnérabilité et ma résistance, ma sensibilité, ma résignation, mon enfance…
Si un jour j'ai des enfants, je leur céderai l'enfance qu'il me reste.

J'comprends pas plus la vie qu'il y a 10 ans mais au moins, je le sais maintenant, et c'est ok comme ça.
J'comprendrai pas plus dans 10 ans et je le saurai encore mieux.
Je me résigne.

Mon corps, lâche.
Mon cerveau s'engourdit.
Mais il me reste de l'âme ! À n'en plus finir !
Je déborde d'âme et mon sens de la vue se compte en sentiments secondes où chaque battement de coeur est une ré-animation.
Puis un jour, il n'y aura plus d'espace-temps.
En attendant,


J'imagine déjà le buzz de dingue des derniers instants juste avant le dernier départ quand c'est l'âme qui take over…
Quand j'ai dit au revoir à Grand-Mère pour la dernière fois, je le savais. Elle aussi.
Toute sa vie ne tenait que par son âme et elle m'a pris la main.