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Dans l'émission de Bazzo TV du 3 octobre 2013, Boucar Diouf s'est exprimé dans un édito très original mais qui, ma foi, est impossible à résumer. Écoutez-le sur le site de Télé-Québec ou en cliquant ci-bas sur l'image.

Mais c'qui a retenu particulièrement mon attention, c'est le moment où Boucar semble expliquer aux enfants d'immigrants qu'ils doivent se départir de l'idée de se présenter avec l'identité culturelle et le drapeau de leurs parents parce qu'ils sont d'abord et avant tout Québécois. Il semble dire que leur deuxième identité, celle du pays d'origine de leur histoire, pourra venir plus tard, s'ils en font le choix, évidemment.

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Boucar, l'histoire n'est pas un drapeau qui flotte ou qu'on a plié, qu'on laisse derrière soi et qu'on regarde s'éloigner dans le rétroviseur. Elle va toujours, qu'on le sache ou qu'on ne le sache même pas, qu'on l'ignore, qu'on la dédaigne ou qu'on la pleure, nous appartenir et nous habiter. Et ce, d'autant plus qu'elle est jeune et qu'on la souffre encore.Qu'on souffre ce qu'elle était, ce qu'elle aurait dû être, ce qu'elle aurait pu être, ce qu'elle est encore ou ce qu'elle n'est plus.

 

http://www.jennysalgado.com/dessins/proletairegheist2.pngJ’voulais éviter de commencer ce billet en m’excusant de la longue absence de mes mots. J'vais pas commencer ça. Parce que ça ferait beaucoup trop de textes qui commenceraient par cette même excuse.
Et puis soit, j’me dis. Si c’est l’cas, ça donnera un style et c’est tout, non ?

Se fendre l’âme, se briser l’cœur, se casser la tête…c’est c’qu’ils disent, les artistes doués, quand ils parlent de mettre au monde leurs œuvres !
Moi, je n’suis qu’une femme qui sait, qui le sent dans ses guts que la plus grande des œuvres est de donner le jour.
Mais j’ai peur de la souffrance. Car le don est souffrant. Souffrant comme le jour qui l’accueille, un sourire en coin, en lui disant :
“Tu devras t’encastrer. On te dira que je t’appartiens mais tu devras m’encastrer, emboîter le pas.”

 

http://www.jennysalgado.com/images/stories/photos/danse.png

«Hein ! Y doivent te payer beaucoup pour que t’acceptes de faire ça à chaque année !»

«Ça doit être comme monter un tit spectacle de maternelle, non ?»

«Ayoye ! Ça doit pas être évident ! Juste capter leur attention pour qu’y’écoutent…»

«Ouin… T’as comme pas l’choix de t’rabaisser à leur niveau…»

Dimanche, 10 Mars 2013 19:00

http://www.jennysalgado.com/dessins/reconnecter.png

J’constate qu’il n’y a plus d’intérêts pour les grandes histoires détaillées, prenantes et profondes, comme il n’y en a plus pour le livre, l’objet mythique, le feeling de la couverture que tu fais plier dans tes mains, l’odeur de l’encre amarrée au papier, de l’univers marginal qu’on transporte avec soi partout, du métro à la salle d’attente à la chambre à coucher à la toilette… 
Désormais, voilà comment on parcourt une page : s’il faut scroller down plus que deux fois sans que rien ne te raccroche à l’élément déclencheur, c’est que la chute est trop longue. On passe à un autre appel.

L’urgence de dire a pris le dessus sur le développement des idées. Les proverbes vaudevillesques sur la pensée. Et l’expérience se résume en anecdotes triviales. 
Ça fait que même moi, qui adore les mots et qui parle trop longtemps quand on m’donne un mic (même entre mes chansons sur un stage) j’en viens souvent à faire taire mes pensées, comme on chicane un gamin qui chiale au supermarché pour des bonbons quand on compte la commande à la caisse...