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23 février 2013

Ce moment où (et c’est à chacun son portail, sa dérive ou son escorte) tu t’introduis malgré toi et malgré ta résistance dans ton subconscient...et te rends conte de la vraie amplitude de ton stress et de chacune de ses tentacules…

« Quoi ? J’pensais que j’étais relaxe et cool, moi là… »

Freak!

Surtout si t’as des invités chez toi ! Parce que tu ne veux certainement pas qu’ils te suivent là où tu es ! Alors tu dois passer ta soirée à enjamber deux mondes à la fois pour partir tout en restant avec eux dans ce qui te semble soudainement être une agaçante banalité transitoire…

Et eux ? Les invités ? 
Sont-ils, eux aussi, en train de faire des allers-retours secrets derrière leurs masques de smart ass souriants et leurs interminables jokes plates qui depuis quelques années maintenant ont suppléé ce qui s’appelait autrefois converser ? 

Shit…On intensifie ou on fade out ?

Et l'alcool cool à flot ! On ne touche pas le fond… La vérité dans le vain ! 
Et on zigzague autour du pot, autour des potes en dents de scie, côté cours, côté jardin... 
On enfume la pièce !

C’est peut-être pour ça que les plus vieux demandent presque toujours un café quand toi tu t’verses un autre verre de vin ou même de scotch… 
Hey ! J’remarque que j'bois pu d’bière, moi !
Autre signe, je suppose, de la jeunesse qui s’altère.
Fuck, j’espère qu’elle n’ira pas jusqu’à disparaître totalement...

p.s. À ceux parmi mes chums qui font les allers venues avec moi, sans s'en cacher, que ce soit les miens ou les vôtres, j’vous adore ! Vous n’êtes pas nombreux mais vous êtes les meilleurs. J’suis chanceuse de vous avoir parce que c’est tout ce qu’il faut pour garder les pieds sur terre.

 

20 février 2013

Ce matin, elle ne s’est pas maquillée. Elle a enfilé un jean et un hoodie pour aller déjeuner avec une vieille copine qu’elle n’a pas vue depuis longtemps.
Elle se rend au comptoir du p’tit resto pour payer sa facture.
La fille à la caisse freeze… figée pendant plusieurs longues secondes.
Son portefeuille à la main, elle attend que ça se remette à tourner. Elle comprend qu’elle vient encore de se faire reconnaître. 

Toi, tu te dis peut-être : « Wow…Ça doit être trop cool d’être connu ! »
Elle, elle se dit qu’elle ne pourrait jamais être une star. Qu’elle n’a pas ce qu’il faut pour supporter la mascarade de la solitude d’être mise dans une case à part.
Elle pour qui le métier est d’appartenir ! De créer des contacts, des rapprochements avec des gens qui s’entendent au moins tous sur une chose : ils l’aiment. 
Quel feeling magistral ! Orchestral !
Mais offrir le condensé de soi-même à aimer, ça peut faire mal en maudit, presqu’autant que le pouvoir et la haine, quand tu te retrouves seule, en lambeau, diluée dans le réel devant l’ensemble de tous tes morceaux. 
Quand les lumières s’éteignent, que le soleil se rallume, elle redevient mi-connue, mi-étrangère et tous ceux qui la reconnaissent se retrouvent dans l’interstice.

Il faut comprendre pourquoi ceux qui demeurent dans des cases à part se tiennent entre eux…
Moi, je tiens à demeurer populaire.

Hier, ça a fait 4 ans déjà.
Il faut que je regarde dans mon agenda désormais pour savoir combien de temps ça fait.
Je n'ai pas été voir tes parents. Je ne les ai pas appelés non plus.
J'ai peur de nous faire, à eux comme à moi, plus de mal que de bien.

Toute la gang était là, à veiller.
À veiller sur ce qui nous tient encore ensemble, même si c'est juste quelques fois par année, parce qu'on sait tous que le temps a dérobé bien des amours et même des amitiés.

Je n'ai pas encore fait la paix avec ta décision.
J'espère que je ne la ferai jamais. Tout comme j'espère que la douleur que tu m'infliges, quelque part, demeurera toujours. Elle me garde en vie.

On a parlé de toi hier. Sans savoir trop quoi dire. Ce sont les silences et les regards baissés qui en disaient long.
On n'a même pas levé nos verres en ton nom. On le sait maintenant qu'il n'y a rien à célébrer. Je trouve que c'est sain. Peut-être le moment avec la clique, qui t'appartient, le plus sincère depuis ton départ. Personne n'a chercher à fuir ou dissimuler l'évidence : l'affliction restera plus longtemps et refera surface plus souvent que les souvenirs.

J'ai quand même terminé mon verre en pensant à toi. Pour toi.
Toi qui payais tout l'temps la tournée jusqu'à ce qu'on soit tous K.O.
Jusqu'à ce que tout l'monde rit fort ! Jusqu'au moment de rentrer en s'foutant de marcher de travers, pour aller intermédier dans l'sommeil ou aller s'faire baiser.
Mais toi, je ne t'ai jamais vu vraiment saoul. Tu as toujours ri de bon coeur, suffisamment. Tu as toujours marché droit, le regard vif. And no one could fuck with you!
Je ne sais plus si je t'ai déjà vu heureux...

Je n'ai pas su t'aimer comme il le fallait. Pour ça, je m'en voudrai toujours. Mais tu sais quoi ? Tous ceux que j'aime, aujourd'hui le savent très bien.
J'vais appeler tes parents. J'te l'promets.

 

 

Un autre de mes chums a pogné 30 ans hier. La gifle fut brutale.
La trentaine. C'est terrible.
Mon corps se moque de moi.
Douleurs sans raisons manifestes. Se traîner quotidiennement sur un tapis roulant et se pétrifier quand même (dans le sens de perte de fluidité de mouvements et non pas six pack découpé).
Mon esprit semble s'évaporer aussi. Pis ça ça m'fait chier. Apeurant, grave.
L'usure d'un ordi qu'on a gavé d'infos inutiles à mémoriser et qu'on a programmé pour répondre à trop de fonctions multi task en même temps. System overload.

J'entends déjà les trentenaires (et ceux de 40 aussi !) s'extrairent de cette description avec ferveur, à s'époumoner ! Mais quelque chose dans leurs passions bucoliques, dans leurs rides botuliques, dans leurs sourires synthétiques et leurs regards anesthésiés finira par céder. Shut up.

Jamais auparavant, dans mes deux autres foutues décennies de vie, j'avais senti mon être divisé si nettement en trois départements distincts : Le corps, l'esprit et l'âme. Ouais ouais, je sais. Vous êtes une méchante gang à ne pas croire à l'existence de l'âme. Moi, j'suis quasiment certaine que c'est ça qui reste à la fin.