Blogue
Enregistrez-vous

Hier, ça a fait 4 ans déjà.
Il faut que je regarde dans mon agenda désormais pour savoir combien de temps ça fait.
Je n'ai pas été voir tes parents. Je ne les ai pas appelés non plus.
J'ai peur de nous faire, à eux comme à moi, plus de mal que de bien.

Toute la gang était là, à veiller.
À veiller sur ce qui nous tient encore ensemble, même si c'est juste quelques fois par année, parce qu'on sait tous que le temps a dérobé bien des amours et même des amitiés.

Je n'ai pas encore fait la paix avec ta décision.
J'espère que je ne la ferai jamais. Tout comme j'espère que la douleur que tu m'infliges, quelque part, demeurera toujours. Elle me garde en vie.

On a parlé de toi hier. Sans savoir trop quoi dire. Ce sont les silences et les regards baissés qui en disaient long.
On n'a même pas levé nos verres en ton nom. On le sait maintenant qu'il n'y a rien à célébrer. Je trouve que c'est sain. Peut-être le moment avec la clique, qui t'appartient, le plus sincère depuis ton départ. Personne n'a chercher à fuir ou dissimuler l'évidence : l'affliction restera plus longtemps et refera surface plus souvent que les souvenirs.

J'ai quand même terminé mon verre en pensant à toi. Pour toi.
Toi qui payais tout l'temps la tournée jusqu'à ce qu'on soit tous K.O.
Jusqu'à ce que tout l'monde rit fort ! Jusqu'au moment de rentrer en s'foutant de marcher de travers, pour aller intermédier dans l'sommeil ou aller s'faire baiser.
Mais toi, je ne t'ai jamais vu vraiment saoul. Tu as toujours ri de bon coeur, suffisamment. Tu as toujours marché droit, le regard vif. And no one could fuck with you!
Je ne sais plus si je t'ai déjà vu heureux...

Je n'ai pas su t'aimer comme il le fallait. Pour ça, je m'en voudrai toujours. Mais tu sais quoi ? Tous ceux que j'aime, aujourd'hui le savent très bien.
J'vais appeler tes parents. J'te l'promets.

 

 

Un autre de mes chums a pogné 30 ans hier. La gifle fut brutale.
La trentaine. C'est terrible.
Mon corps se moque de moi.
Douleurs sans raisons manifestes. Se traîner quotidiennement sur un tapis roulant et se pétrifier quand même (dans le sens de perte de fluidité de mouvements et non pas six pack découpé).
Mon esprit semble s'évaporer aussi. Pis ça ça m'fait chier. Apeurant, grave.
L'usure d'un ordi qu'on a gavé d'infos inutiles à mémoriser et qu'on a programmé pour répondre à trop de fonctions multi task en même temps. System overload.

J'entends déjà les trentenaires (et ceux de 40 aussi !) s'extrairent de cette description avec ferveur, à s'époumoner ! Mais quelque chose dans leurs passions bucoliques, dans leurs rides botuliques, dans leurs sourires synthétiques et leurs regards anesthésiés finira par céder. Shut up.

Jamais auparavant, dans mes deux autres foutues décennies de vie, j'avais senti mon être divisé si nettement en trois départements distincts : Le corps, l'esprit et l'âme. Ouais ouais, je sais. Vous êtes une méchante gang à ne pas croire à l'existence de l'âme. Moi, j'suis quasiment certaine que c'est ça qui reste à la fin.

computerized skyBon. 1er février 2013 :

Je décide de transformer mon domaine de promo et d’informations en vraie page blogue…
Ceci est donc mon premier vrai billet.  Je suppose.
Parce’ c’est fucké comment à notre époque, les choses arrivent à leur accomplissement, donc deviennent consommables, qu’à partir du moment où on les rentre dans l’moule. Et non pas quand on les sort… Quand on les sort, la plupart du temps, on les tue.
La vie, c’t’un moule. Soit tu fit, soit on t’fait fitter, soit tu dédies ta vie à ne pas mourir.
Alors les gens qui ne s’en sortent pas, est-ce qu’on peut vraiment les blâmer ?