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Le téléphone sonnait. C'était ma mère. Elle était de super bonne humeur.
Mes tantes en Haïti avaient appelé. Elles étaient toutes énervées et fières.
Elles venaient d'acheter ce livre dont tout le monde parlait, écrit au Québec mais sorti d'abord chez elles. Elles l'ont ouvert et elles m'ont vue dedans.

Je viens de le recevoir à mon tour. Quand je l'ai feuilleté et que je me suis vue à la page 114, je n'ai pu m'empêcher de sourire. Des fois, on sourit parce qu'il n'y a rien à dire. D'autres fois, c'est que trop d'images temporelles se bousculent dans ta tête pour résumer celle que tu regardes présentement, comme le miroir d'Alice.
Moi, grande dame de la musique haïienne, voix de la diaspora ?
Moi, parmi toutes ces pages que je tourne et qui parlent de ces femmes poto mitan qui ont soutenu mes inspirations, ces femmes que j'ai écoutées chanter toute ma vie, bien avant moi, qui m'ont bercée vers le sommeil réparateur, révélateur, qui m'ont secouée puis soulevée debout, qui m'ont racontée, passé et devenir, moi ?

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FRO 2015 cover art

3ième édition du Festival Fro.
J’ai pas besoin de vous parler de tout le déroulement dans les moindres détails. Évidemment, c’était encore génial. Mais ça, depuis l’temps, vous le savez. Il faut être là.
M1 qui a été refusé aux douanes en arrivant ici ? Bof.
Ça non plus ce n’est plus une surprise. Politics as usual.“ Qui es-tu, pourquoi viens-tu, qu’emmènes-tu et que rapporteras-tu avec toi ? ”
Si chacune de tes réponses est réfléchie, conséquente et invulnérable, déjà, ne sois pas surpris de t’faire revirer d’bord.
Et alors ? On est à l’air du multi médiums. Ils ont allumé l’écran et…état d’âmes. Comme par magie, boom ! Tout l’monde écoute M1 en direct. Power on and on to the people…
Inspirante soirée d’empowerment.

 
1er février 2014. 
Ça fait un an que je blogue, donc je suis. 
Bon, d’accord, j’aurais pu écrire plus souvent. 
J’vous avais dit que ce n’était qu’un essai. Que je n’allais pas prétendre pouvoir garantir quelque forme d’existence que ce soit. 
Un an plus tard, je comprends que les essais n’existent pas.

Je ne suis pas une personne de principes.
En fait, je ne suis qu’un seul principe : La causalité et c’est tout. 
Tout geste ou non geste posé, même si tu tiens à l’appeler “essai”, entraînera un résultat donc à la fois une finalité en soi puis une nouvelle forme de potentialité.

J’aurais pu n’écrire qu’un seul texte dans toute cette année passée et de ce seul texte aurait pu naître une multitude de possibilités, de gens touchés, de mauvaises critiques, d’indifférences, de répercussions, d’offres, de partages, de silences, bref…ce texte aurait, à lui seul, marqué puis influencé toute l’animation de la suite de mon existence. 
Même si cet essai m’aurait convaincue de ne plus jamais écrire quoi que ce soit, je devrais alors lui être reconnaissante de m’avoir entraînée vers d’autres formes d’expressions de mon individualité, d’autres façons de me succéder moi-même, de m’offrir à la cause et aux résultats. 

On m’a proposé d’écrire dans un journal, on m’a proposé d’écrire des chansons, on m’a proposé d’écrire des discours, des scénarios, d’étudier mes textes et de les faire découvrir aux étudiants de diverses universités du Québec et d’Europe…
Si un essai n’est qu’une mise à l’épreuve, un avant-goût, un premier jet, alors je suis l’infini dans chacun de mes composants, un bouquet dans chacune de ses essences, les années lumières d’un faisceau dans chacun de ses rayons. 
Ce fut une année féconde, toujours et à jamais en développement. Voyons qu’elles en seront ses suites, ses causes et ses effets. 
Les essais n’existent pas puisqu’ils s’enchaînent et subsistent. 
Je blogue parce qu’il s’en suivra encore…

Ça fait j’sais pas combien de partys consécutifs que j’me tappe depuis Noël. 
J’constate à quel point je suis à un moment de ma vie où j’en suis révérencieusement détachée. 
J’essaie de rester investie dans l’instant mais une part de moi, malgré moi, se tient à l’écart, à scintiller, à me miroiter, à sonder ma surface et interpeller ma profondeur. 
Tu vois, c’est l’genre de situation où tu pourrais facilement t’épuiser à chercher à t’atteler, où tu pourrais même te perdre. Mais j’apprends que l’important, c’est le point d’ancrage. De garder le point de vue de la source. 
Ce quelque chose en toi qui te dé-finit, à partir duquel tu tisses tes liens.

Science et spiritueux 

J’observe dans l’party comment les gens se divisent en sous-groupes, en cellules d’intérêts communs.
Mon côté cynique n’a pu s’empêcher de penser au pattern de la bactérie. Puis j’me suis rappelée que même elle ne se divise pas pour se différencier et se détacher.
J’ai pensé virus, que la science ne s’entend même pas encore à savoir s’il est vivant ou non vivant. 
Je dois l’admettre, dans cette chimie d’intempérance, certains iront jusqu’à pass out, perdre connaissance, certains préfèreront passer outre et feindre l’aisance puis d’autres, dont je fais partie, ont tendance à se camper dans l’errance, dans l’expérience abstraite. 

Subitement, de nulle part, sans aucune explication, surgit un intervalle que certains qualifieraient de magique, où pour un instant, même bref, tous les gens dans la place semblent connectés parfois dans une quasi transe. C’est peut-être une conversation, une histoire, un éclat de rires, une chanson, une danse…et on se souvient de ce qui nous relie depuis si longtemps, en toute spontanéité.

Même dans les partys d’famille où chaque individu, comme chaque génération, tente tellement de se caractériser et se valoriser auprès des autres, si les liens sont serrés, viennent ces moments où on retourne dans l’passé, jusqu’aux naissances, aux expériences vécues ensemble, à notre fierté commune, à notre croissance véritable. C’est merveilleux. C’est absolument attachant.

Je nous souhaite à tous pour cette année et pour celles qui suivront, même quand on est divisés, de nous attacher à ce qu’il nous reste d’authentique, de naturel, de lumineux, de merveilleux, de palpable, de sensible, de certain…à l’amour en toute vérité.

Jenny