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Mon feeling ?
J'descends à peine de l'avion après avoir passé presque un mois dans les antilles et je vous avoue que le retour est très brutal. 
En contraste, ce retour est gris, froid, c'est machinal et tous les gens que je croise ne me parlent que de boulot, de stress et de leur petite vie personnelle de famille à la maison, de possessions à attrapper, à atteindre, à faire siennes et à montrer pour mieux se mesurer, se démarquer des autres, du reste...  C'est freakin' lourd.
Je me sens loin du bruit qui m'a bercée pendant tout ce mois, de l'existence commune, tressée même, de la nature, des hommes et de leurs choses, à ciel ouvert, en communication.
Loin de la chaleur et de la lumière du soleil qui reflète sur les feuilles d'arbres, qui nous redresse vers le ciel nous aussi et pour laquelle nous n'avons même pas, pour la nommer, de mot précis.
Il paraît que les allemands, eux, l'appellent “ maeinschein ” et les japonais, “ komorebi ”... 
Je me sens loin.
Loin des rires d'enfants qui jouent, complètement nus, dans l'eau, dans la terre, dans les arbres, dans les bras des uns et des autres…

J'ai l'impression de comprendre enfin ce que veut dire la phrase “ tous les hommes sont nés égaux ”. 
Cette proposition, j'la répétais en voulant bien y croire mais en réalité, j'en doutais. Trop d'injustices, man. Trop d'écarts...
Tu vois, en mettant les pieds ailleurs, dans certains parages, descendant de notre sécuritaire et de notre comfortable, de notre mécanique rassurante, de notre futur présent qu'on ne cesse d'espérer, de nos saturations insatiables, on a le réflexe de se dire “ Mais comment font-ils ? Comment font-ils pour vivre, les autres, les pauvres, dans le chaos, dans le vacarme, dans la souillure des survivances constantes ? Sans...ordre ? Sans...régularité ? ”
Mais après un moment, on s'entend penser ! Les ordres ? La régularité ?  
On entend leur bonheur, aux pauvres, qui resplendit quoi qu'il en soit ! On entend leur vécu, leur cadence spontanée, innée, on entend les casseroles, les assiettes et les verres qui se partagent matins, midis et soirs, les engueulades, les éclats de rires, les effondrements et les constructions, les trocs, les échanges de c'que tu veux, les discussions philosophiques, politiques, spirituelles, engagées, la musique qui se fond aux vagues de la mer, on entend le vivant !
On ne sent plus que le poids écrasant de la masse sur nos têtes mais la valeur de l'ensemble sous nos pieds ! Et ça feel comme un peuple, comme une humanité.
C'est alors qu'on comprend que chacun a ce qu'il faut, quoi ! Que chacun a quelque chose à offrir qu'un autre n'a pas. 
Quelque chose avec quoi composer l'existence ! 
Que tous les points sur la carte du monde peuvent être point de départ. Et qu'on finira tous par nous rejoindre. Que personne ne naît dans le mauvais pays !
Faut vraiment se croire plus important que l'on est pour regarder quiconque de haut, ouvrant bien grand sous nos bras notre cape de pitié, ne voyant toujours qu'avantages et désavantages à opposer.
Damn bro! Pourtant, à mes yeux, je les trouve si effervescents, les pauvres, dans toute leur richesse ! 
Et c'est alors que suis reconnaissante pour tout ce que moi j'ai reçu. Car tout ce qu'on ose dire que l'on possède, on le reçoit des mains de ceux qui l'ont bien avant nous ou du manque de ceux qui ne l'ont pas et l'équation est si simple. 
Tout est à nous car rien ne nous appartient. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout s'échange. 
La richesse des uns fait la pauvreté des autres ? OK. On le sait, ça.
Mais la pauvreté des uns ne veut pas nécessairement de cette richesse des autres.
Car la richesse pour l'un est pauvreté pour l'autre là où le vice versa. 

Je comprends que tout ce qu'ils ont encore, tout ce qu'ils sont encore, ces gens d'une autre fortune, de si vivant, de si humain, de si honnête, c'est ce que nous, en échange de je n'sais quoi, nous avons laissé aller : le mouvement naturel de l'existence qui honore sa survie avant sa fantaisie, avant sa production ! (cause if the show must go on, ça lui prendra tout de même un réel à romancer, duquel il ne pourra jamais s'affranchir). Le mouvement naturel qui n'a ni le temps ni le soit disant privilège de rester immobile, à s'ankyloser, le coeur battant la chamade, enlisée dans l'angoisse fataliste de la peur du mépris illusoire dans le regard de la parade.


Point de départ 

Nous sommes tous nés égaux.

Ni enfer, ni paradis, que la parade, la parodie et l'envers du décor,
La fin que chacun de nos actes prédit...ou renie.
Ça fait que j'm'ouvre une bière,
Trinque à la vie. 
2 gorgées au sol pour tout ce qui nous est égal.
Nous sommes tous nés ego.
Lumière.

Nous conjugons tous l'avoir et l'être.
Avoir sa part, devenir être à part...
Tout acte de vivre ne veut que faire sa part !
Se voir partout. Sinon, nulle part. 
Où tu t'en vas ? Point de départ.
Se rapailler là où il reste

S'éparpiller là où il part
Et je sais que je ne rentre à la maison que pour ça ;
Pour jouer mon rôle. 
Pour toucher l'sol et questionner mon soul.
Pour mieux quitter
Que chaque aller se rappelle à qui il revient. 
Aquitter toutes les solitudes de l'ubiquité 
Car peu importe ce qu'il reste de chaque départ, 
Peu importe qui se gagne, peu importe qui se quit
À la fin, nous serons tous quitte à quitte.

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Juste à temps pour « Hoodstock 2019 »

Première activité publique à laquelle je suis invitée à participer au lendemain de mon retour. 
Franc parler, j'arrive complètement crevée et malgré tous ces constats que je viens de vous partager en essayant de tenir ma suffisance en laisse, mon premier automatisme est de me demander « Heille ma fille, mais qu'est-ce tu fous ici !???  »
C'est échevelé, bancal, je ne sais pas à qui me référer, personne ne m'a dit ce qu'il fallait que j'y fasse, ce qu'il fallait que je vienne dire... C'est quoi l'deal ? C'est quoi au juste Hoodstock ?

Comme je suis arrivée seule, j'baisse mes gardes. J'commence à parler à tout l'monde, je slack sur l'ordre et les régularités et je me laisse tranquillement porter par la vibe. 
Boom. Tout s'agence... 
J'entends la musique, j'commence à bouncer la tête. Je sens l'odeur du barbeq, j'vois les gens de toutes provenances ethniques qui se régalent. Je reconnais les cris et les rires des enfants qui me bousculent et j'trouve ça adéquat. L'enfance, c'est l'âge où il faut apprendre à tout bousculer. Je regarde les aïeuls qui ont le sourire aux lévres en écoutant les ados parler de rêves et d'espoirs, utilisant des mots et des concepts qu'eux-mêmes n'avaient pas encore acquis à leur âge. Fierté. Elle est belle l'évolution. Et on ne doit pas l'oublier. Le progrès que l'on est, auquel on passe le relais et qui un jour visiblement nous dépasse, c'est lui qu'il faut faire briller. 
Hoodstock, on s'élève.
Je prends la parole...

Le soleil se couche, comme pour mettre l'ambiance. 
Les gens m'accueillent en me chantant La vi ti nèg. 
Je leur offre mon coeur, ils m'offrent le leur et on discute ensemble de tout, de carrière, de féminité, de la jeunesse, d'argent et d'économie, de politique, de spiritualité, d'engagement social, de la vie... 
Ça dure une heure. C'est fluide, facile, naturel, harmonieux. 
On finit ça en chantant en coeur « Se pou sa nou rasanble ».
Je suis à la maison.
Je suis rentrée pour ça.

Montréal-Nord, stand up!
Merci à tous, pour tout. 
Don, well done. Pour l'ensemble de l'oeuvre, jusqu'à ce jour.
Will ! On sait c'qu'on veut, sans demi-mesure. On y va. C'est à nous.
Big up à l'équipe du Hoodstock et bon 10e.
Merci à tous ceux qui m'ont élevée, peu importe où et d'où nous sommes.

Petite historique du Hoodstock dans le Cahier du socialisme

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