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19-03-24

LQ 192

Je signe ce mois-ci un texte qui me tient fortement à coeur dans la magnifique revue Lettres québécoises, très riche en matière d'exploration et de récits de la culture de chez nous, que je découvre agréablement alors que Tristan Malavoy, mandaté pour chapeauter cette édition, m'invite à m'exprimer, carte blanche, sur le sujet de l'engagement dans l'art. 

Ouf... J'ai réfléchi longuement à la question ; Être à la hauteur de cette question, c'est déjà un engagement en soit !
Le concept d'engagement social est un objet dont on me parle beaucoup depuis que je partage mes oeuvres. On me demande ce que j'en pense, si je me considère moi-même engagée, si je vis bien avec l'idée qu'on me présente sous cette étiquette, si c'est un choix ou un impératif...
Mais comment définir précisément l'engagement dans la création qui se veut émancipée ? Qu'est-ce qui fait véritablement de quelqu'un un artiste engagé, entre ce qui inspire la création et ce que la création inspirera à son tour ?

J'ai choisi de commencer par l'art pour l'art. Et j'ai composé le texte d'un seul élan, pour ressentir ce qui me retenait, ce qui me tient à coeur, ce à quoi je tiens pour ne pas me lancer dans le vide à partir d'un vide mais pour retourner en moi, en souvenir de tout...c'est ça l'engagement.

Merci Tristan pour cette invitation et pour ton regard aiguisé et vivifiant. Tout le procesus a été trippant.  Belle rencontre. 
Merci aussi à Mélikah Abdelmoumen et à toute la famille de Lettres Québécoises.

La revue #192 est disponible en librairies à partir d'aujourd'hui, le 19 mars ! Mon texte se retrouve directement à la page 23 où vous aurez aussi accès à sa version audio par laquelle je partage de vive voix la lecture de « Il était une foi (mais la question demeure) » 

 

 

 

 

Qui sont les artistes ?


Quelques photos prises par moi,

de tout ce qui est à part moi 

ça et là, en devenir...

 

Dos au vestibule des incrédules
Qui se disent “dieux, déesses”...
L’amour à perte de vue
Mon coeur
Demeure
SDF

Un homme, son réalisme exclu des refs terrestres
Le Lièvre d’Alice...reclus au pays de la vieillesse
Est-ce toi ou tes rêves qui se meurent et te délaissent ?
Qui ne croient plus aux vérités qui naissent
Au bout de tes lèvres ?

Les aïeux,les ailleurs
Le foyer, le céans
L’océan... 
 L’évidence ?


L’omniprésence, Le silence.

Où que j’enjaille, où que je reste,
Il y a longtemps que je ne cherche plus ce qui m’abrite
Les yeux fermés... j’entends déjà tout ce qui m’habite

Et qui m’a cernée.

Hier tient le futur entre ses griffes
Balafres. Hiéroglyphes.
Prendre le large athéismes et périls
Bien ancrée / encrée
Dans ma peau comme dans la pierre
J’ouvre les paupières : 

En quoi tu crées ?
Je suis Artiste. Et puérile.