
Muzion sur un timbre... Get outta here. J'reprends mon souffle...
Merci à vous tous qui nous permettez de vous représenter ! J'me retrouve à l'épicentre entre deux forces qui nous regardent ; D'un côté, l'oeil de ceux qui nous saluent à même ce symbole historique pour faire de nous les porte-étendards d'une nation. Et nous en comprenons toute la portée...Puis de l'autre, les regards de tous ceux qui s'introduisent, comme depuis toujours, avec nous. 🔥❤️ Kote moun yo !
C’est avec le coeur rempli d’honneur et de fierté que nous tenons, au nom des trois membres du groupe Muzion, à vous témoigner toute notre reconnaissance pour avoir pris part à notre accession à ce moment déterminant, inspirateur et digne de notre histoire commune.
Nous rentrons à la maison avec un sentiment d’estime et de noblesse et avec autant d’étoiles dans le regard qu’il y a de gens qui se reconnaissent à la vue de ce timbre, ce symbole qui marque, non seulement nos trente années d’apports, d’investissements et de carrière mais aussi toute l’archéologie, le vécu, l’appartenance, l’historicité de milliers de gens qui ont eux aussi bâti, alimenté, représenté, souffert, célébré, se sont battus et se sont exprimés en vertu de leur foi en l’avenir de cette nation et de ce pays.
Nous reconnaissons la mémoire des volontés et des transmissions, de tout ce qui a été écrit et a traversé le monde avant nous.
À Elia Anoia, Amanda Clark-Taitt, Eli Yarhi, Rindala El-Hage, Jennifer Givogue Lowe, Gary Beelik, Noël Nanton et Nadia Molinari (what a design!), Carmen Cheung, Hayley Magermans et à toute l’équipe de Poste Canada, merci pour votre respect, pour votre écoute, votre humanité et pour la probité avec laquelle vous avez incarné ce moment.
À Malik Shaheed, merci du fond du coeur pour nous avoir présentés sous une lumière empreinte de ton humilité et de ta présence continue au sein de ce mouvement que nous formons ensemble. Tes mots étaient d’une justesse exceptionnelle. Droit au coeur, frère. On est comblés que tu aies été choisi pour nous accréditer.
À tous les rappeurs du Canada qui se reconnaissent tous en ce mouvement social qui nous donne voix et nous réunit, peu importe où nous sommes, aux rappeurs anglophones du Québec qui ont entamé ce mouvement en premier lieu dans les quartiers marginalisés du grand Montréal et éminemment, aux rappeurs québécois qui ont suivi puis imposé leur coeur et leur voix et ont choisi tout comme nous de se dire en français…merci. C’est vous qui nous donnez le ton.
Maestro, Michie Mee… Thank you for your inspiration.
À la famille, à tous ces vécus qui nous précèdent, à nos parents et arrière-grands-parents qui nous ont transmis la définition même de ce que cela veut dire et implique de vivre quoi qu’il advienne, dans toute notre intégrité, celle qui a crié « En avant ! En avant ! Car c’est notre futur et notre liberté qui nous appellent et nous somment ! » Men moun yo. Vous nous montrez la voie.
On est ensemble. Cohérents. Et on ne vous oubliera jamais.
Merci pour tout cet amour !
Pour cet amour qu’on reçoit, toujours et qu’on vous promet pour toujours.
Muzion

Images video : V2 Univers
Prise en étau entre le 1er janvier et le 1er février, le sujet d'aujourd'hui semble s'imposer à moi et chevaucher ma voix ;
Je la ferai entendre par l'entremise de deux livres extraordinaires, imposants à leur tour, qui parlent mieux que moi et vont là où la réalité déclasse la fiction...
Avant-propos :
[ ... Avant même de connaître l’historiographie du monde, le déroulé de l'histoire, il faut comprendre ce qu’est l’histoire, comment fonctionne la discipline de l’histoire, comprendre sa nature, le “processus historique”, la connaissance historique, son mécanisme... qui nous mène à sa création, ses raisons d’être, sa portée et donc surtout, ses propriétés et ses propriétaires. ]
«L’évènement haïtien a défié non seulement les armées coloniales mais l’imagination historique elle-même. » - Michel-Rolph Trouillot (Silencing the past)
Taduit en français - enfin - en septembre dernier, 30 ans plus tard et ça veut tout dire ! :
et en complément,
1er Février, début du Mois de l'Histoire des Noirs, concept qui divise encore les membres de ses communautés qu'il expose, entre ceux qui le réclament et se distinguent, ceux qui en débordent et ceux qui s'en déchaînent.
Moi ? Et bien moi je considère que mon devoir désormais est d'extraire de la marge dissociatrice les parts de cette histoire qui nous appartiennent à tous !
Plusieurs moments de l'histoire dite “des Noirs” sont de grands moments de l'histoire de l'humanité toute entière ! Des moments historiques que tous devraient connaître, partout à travers le monde ! Des moments qui ont fondamentalement changé, construit le monde que nous partageons tous aujourd'hui et qui pourtant sont dégradés ou même violemment tus dans les livres et dans tous les récits de l'Histoire de l'Homme.
1er Janvier... Si vous avez des amis ou des membres de votre famille qui sont d'origine haïtienne, vous n'avez pas célébré que le Jour de l'an ! Vous avez aussi souligné, à coups de déhanchements “toujou sou Konpa, Rara, gren zaboka”, de “sirotages” de ti punch, de shot de Barbancourt et de gorgées de soupe Joumou l'une des plus importantes indépendances, des plus magistrales révolutions de l'histoire universelle ! La victoire haïtienne de Vertière ! L'indépendance d'Hayti !!!
Mais... mais pourquoi, si j'ai abondemment entendu parler de tous ces symboles festifs et inoffensifs, souvent fabulatoires de notre liberté - dans toutes leurs frivolités - que je ne sais qui a choisi d'inscrire en notre nom au patrimoine culturel immatériel de l'humanité, je n'ai vu ni entendu nulle part le nom et le récit de la défaite de Napoléon à Vertière où l'armée indigène d'Ayiti remporte sa liberté et son territoire lors de la première et la seule (!) révolution de l'histoire du monde menée par des esclavagisés qui aboutit à un état moderne et indépendant.
Je vous l'ai sûrement déjà dit, Haïti devient alors la première nation indépendante d’Amérique latine (et inspira les suites des indépendances de celle-ci et de la Grande Colombie tout comme la lutte contre le foutue Doctrine Monroe qu'on voit encore se déployer de façon décomplexée en ce moment au Vénézuela) , la plus ancienne république noire du monde et la deuxième plus ancienne république de l'hémisphère occidental, après les États-Unis !
I mean... what are we saying? Qu'est-ce qu'on raconte ? Sur nos bancs d'école, dans nos livres d'histoire (s), dans nos médias ? Où est Haïti quand on rapporte le compte rendu des grandes révolutions qui nous ont façonnés ?
Car surtout, ce qu'on célèbre le 1er janvier, c'est ce moment charnière et déterminant où les haïtiens achèvent - tel que l'explique si bien Jean-Pierre Le Glaunec dans son excellent ouvrage « l’Armée indigène » - ce que la France n’a pas été capable d’achever elle-même : ils forcent les Français à remettre en question, au sortir de leur révolution de 1789, leur notion d’idéal universaliste, leur élaboration des “Droits de l’homme” et de l’égalité entre tous les hommes !
La déclaration des Droits de l'homme ne se serait pas définie sans le « An avan ! An avan ! Grenadye à laso, sa ki mouri... » des Haïtiens !
Alors tous les hommes naissent libres et égaux, dites-vous ?
Même ceux que vous traitez de bêtes de sommes, de primitifs, de sauvages, de barbares, d'animaux, pire, de biens-meubles nés pour vous être soumis ???
Qu’est-ce qu’un homme ? Qu’est-ce que l’égalité ? Que sont pour vous les Haïtiens, les Africains et les peuples autochtones de vos ailleurs ?
Dessaline répond : «Tout moun se moun ! »
Tout homme est un homme, tout être humain est un être humain. Sans exception.
Ainsi, dès sa naissance, l'Haïtien, enfant des caciquats d'Ayiti, des empires et des royaumes africains, a fait de tous les nèg des hommes et de tous les hommes qui viennent s'installer sur sa terre pour la nourrir, des Haïtiens.
C'est phénoménal. C'est ce que proclama l'indépendance le 1er janvier 1804 et que Dessaline fit inscrire dans sa constitution de 1805.
Comme l'expliquent encore Jean-Pierre Le Glaunec et Michel Rolph-Trouillot, « Vertière, 18 novembre 1803, fin du rêve napoléonien.» Boom !
La révolution haïtienne est la première révolution au nom de la démocratie, celle du peuple qui se réaffirme face à l’oligarchie, la ploutocratie et même la suprématie.
C'est la victoire des « damnés de la terre » et du droit à la vie pour tous les hommes ! La légitimité de l'idée même de la racialisation et de l'esclavage raciale est défaite par le peuple, par les citoyens et citoyennes, au nom de tous les peuples !
Notre monde et le système qui le régit ne sera plus jamais le même...
Alors comment se fait-il que ces dates ne soient pas connues et célébrées partout dans ce monde ? Partout où le monde a repris le combat et la garde de la liberté ? Transmises dans nos cursus didactiques ? Surtout dans le monde francophone !
Ce qu'il nous reste à faire pour répondre à notre tour et prendre notre place dans la réalisation de ce chef-d'oeuvre, de cette gigantesque production ?
Prendre la parole.
Tout listwa se listwa
Toute l'histoire, toutes les histoires sont parties de l'Histoire.
❤️🔥 Volonté... ![]()
Prendre le temps de se rappeler
Et en même temps, se laisser là, dans chaque instant qui a formulé notre présent...
Je sillonne l’année qu’on vient de traverser ensemble
Et c’est ce mot que j’ai envie de mettre en lumière
“Ensemble”.
Assise entre le pareil au même et les grands bouleversements, je laisse dériver mon regard sur ce qui s’illumine comme une mappe stellaire dans l’espace, qui compose et fossilise notre mémoire, sur tous ces moments qui ont été témoins de notre unité, notre humanité.
Je nous souhaite de la volonté !
C’est vrai, il y a les impulsions, les passions et l’instinct, l’inné et l’ADN du monde…
Il y a l’intelligence qui voudrait se croire dans un pouvoir sans fin et absolu.
Il y a tout ce qui tombe sous nos bombes et qu’on voudrait pourtant posséder. Ce Tout qu’on habite et qui prend soin de nous, protégeant notre innocence…mais qu’on voudrait tant cerner. Ce matérialisme chevauchant l’inconnu sur lequel on jette notre dévolu.
Il y a, non pas l’animosité mais l’animalité, le corps du souffle qui nous porte.
La finalité qui voudrait tant faire taire cette impression d’être perdu, d’avoir perdu ce qui importe…
Le conte, le rôle...le contrôle.
Pour l’année qui vient et pour toutes celles d’après
—Sans âpreté car tout ce qui est donné n’est qu’un prêt
Et tout ce qui nous est prêté n’a point de possesseur.
Ce spectacle n’est que le procès du processeur !
Deus ex machina.
Donnons-lui toutes ses formes à ce mannequinat.
Puis laissons le temps au temps… —
Je nous souhaite de l’inspiration, de la chaleur.
Suivre le courant du lâcher prise.
Voguer sans peur, ramer sans pleurs, s’aborder sans heurt.
Je nous souhaite la volonté d’honorer la Volonté.
Celle que personne ne nous a apprise.
À la fenêtre, l'unité des six branches de chaque flocon,
Comme celle de la neige blanche.
Assise devant la cheminée
La brise
J’observe les planches de bois qui se dénudent de leur couleur ambre
Et je nous souhaite à tous de ne pas oublier de vivre !
De simplement nous retrouver…
Ensemble.
❤️🔥

Cette semaine, j'ai entendu dire beaucoup de bêtises, encore... de mensonges sur l'immigration, sur les fautes des immigrants, sur tout ce qui ne va pas au Quebec et qu'on leur met - par imposture ? par peur ? par négligence facile ? - à tort sur le dos.
J'ai entendu dire aussi qu'on n'entendait pas suffisamment la voix de ces immigrants, qu'on ne les voyait pas prendre parole pour se défendre ;
*Tchuip...
Et personne n'a pensé que ces immigrants sont peut-être trop occupés à survivre pour accorder du temps et de l'énergie à vos balivernes médiatiques ?
Que d'autres sont bravement essoufflés mais debouts, humbles devant l'horizon et simplement reconnaissants d'avoir survécu à la mer ? Ou d'avoir été portés par elle ?
Et que d'autres peut-être n'en ont plus rien à battre et ne sont plus ébranlés par ces calomnies qui se répètent en boucles depuis trois ou quatre générations déjà ?
Ils sont occupés à vivre. À vivre leurs vies. Et les nôtres aussi. Trop occupés à transmettre le vivant et l'amour pour que la médiocrité et la mesquinerie n'arrivent ne serait-ce qu'à leurs chevilles.
Oui, on est là. Là où tous les moments de cette vie qu'on partage nous ont voulus. Là, pas qu'au passé, pas que pour passer mais comme le présent... et l'avenir.
🔥
Méfiez-vous du typhon qui dort.
Car le silence ne dort pas quand il est d'or.

« Lire…c’est oser le vertige.
Que serait mon élan sans mon antan ?
Memoria.
Le mat qui tient la voile a toujours besoin d’un socle solide.
On peut donc lire comme on se souvient. Car derrière chaque livre, on lit d’autres livres, parfois jamais écrits mais tapis au fond de nous.
Jour de lecture, jour de rencontres, jour de réveil ! Qu’on nous frotte les yeux !
Parfois, démiurge, un auteur lève un rideau et vous dévoile tout ce que vous ignoriez en croyant connaitre un être cher.
C’est Hemingway qui m’a tout appris du courage, de la volonté, de l’abnégation, de la dignité, de la condition de mon grand-père, pêcheur Niodioroi…
Alors, quand on me parle de l’identité d’un écrivain, je réponds : foutaises !
Lire un auteur par et pour ses origines n’est que pure hérésie littéraire.
La fragilité de l’humain, les questions existentielles et la vision du monde que les bons auteurs savent nous transmettre rendent toutes les frontières poreuses.
Tentaculaire, la généalogie littéraire surplombe toutes les barrières. Nous sommes dispersés sur le globe mais la littérature nous tisse des liens. »
Fatou Diome (Le vieil homme sur la barque)

*Ma chronique d'aujourd'hui est inspirée par Lovhard Dorvilier alias Le Voyou, l'un des membres les plus importants de la grande famille de Muzion, la “Dynastie des Morniers”.
Il était un peu le 2Pac du Hip Hop québécois, ne mâchait pas ses mots, avait un charisme qui le précédait mais formulait des reflexions profondes et nuancées et représentait la voix et les voies de la rue avec beaucoup d'authenticité, de générosité, d'intelligence et de perspective. Il en a fait réfléchir plus d'un et a changé plusieurs vies autour de lui.
Si l'image vaut mille mots - et Dieu sait qu'il en avait toute une - seul le vécu et la souveraineté de conscience permettent ce détail dans les images qui nous captivent longtemps et l'éloquence qui marque et déploie, le temps d'une existence, d'une biographie, l'imaginaire et la créativité qui nourissent le mouvement individuel qui sert et fait vivre l'ensemble. Car c'est à l'ensemble qu'on revient. Et c'est toujours ensemble qu'on devient.
Pour moi, Le Voyou a été l'une des plus grandes figures masculines de ma vie, quelqu'un avec qui j'ai partagé beaucoup d'amour, beaucoup d'agir, beaucoup de souvenirs, de rêves et de devenir et aussi beaucoup de musique, de savoir et de ittérature... Comme il le disait souvent : « Faut apprendre à faire le deuil. Des fois même de soi-même » pour devenir encore et pour toujours.
L'oeuvre du Voyou, celle qu'a été sa vie, m'a inspiré ma lecture de celle de Shaka Senghor que je vous présente aujourd'hui...

Dans tout le parcours de Muzion, le premier groupe qui a connecté avec nous en sortant des sentiers battus et en nous invitant dans leur propre culture, sur leur scène et a confirmé que le Punk Rock et le Hip Hop sont deux forces alliées et complémentaires ? : Les Vulgaires Machins
Mais quelle riche moment c'est pour moi, avec le recul de plusieurs années plus tard, alors que nous sommes tous encore dans le vif de l'action et de la nécessité de conscience, de manifester cette évidente connexion avec eux.
Par les temps qui courent, il était de mise que j’accepte leur invitation à mettre le feu et à sabrer le champagne ensemble sur cette bombe à retardement de dingues.
Alors, champagne au sol et fiyah pun dem pour « L’effondrement qui vient » ! Feu à volonté !
Et à l’amour, la famille ! À l'amour ! ❤️🔥
Mon couplet :
Quand c’est pas la mer, c’est l’amertume qui tue
Le rêve qui veut t’asphyxier
La démocratie qui nous malmène :
« My man… Appelle-moi M’sié »
La liberté te mord,
Dévore ton futur à chaque bouchée
La fable qui endort l’Homme
Que la Femme va accoucher !
Est-ce que l’amour suffira,
Se fiera au temps qui a raison ?
Va-t-elle lui donner sa vie…ou ses bras,
Son cordon de pendaison ?
Sa guerre,
La peur de l’inconnu, de l’histoire qu’on écrit ?
Se vaincre ou se taire
Avant que l’enfant ne desserre les poings et lâche son premier cri ?
Ayida Wedo !
Que le ciel m’accompagne !
Le bébé sur le dos
La mitraille sous le pagne
Banger dans la bagnole
Ce soir, on sort du bagne !
Champagne au sol car le rêve crève…
Que le jour se lève !
Je signe la musique de ce petit docu coup de poing réalisé par l'excellent et inspirant Will Prosper, présenté par l'ONF.
Je laisserai l'oeuvre parler d'elle-même...
Mais wow…
Quelle soirée, ce lancement d’hier soir à l’ONF !
J’avais jamais vécu un visionnement de cette façon là.
Bien encadré, bien soutenu, l'auditoire réellement présent et bien éveillé…
Will et moi n’avions aucune idée d’à quoi nous attendre de la réaction du public. Je vous avoue, j’étais même inquiète.
Merci à tous les intervenants qui ont dédié à ce moment toute sa puissance.
Et je parle aussi de l’auditoire, qui a tout encaissé, tout intégré avec la plus belle des ouvertures d’esprits.
C’est qu’on ose dans ce petit film documentaire. On ose y aller sans compromis, sans freins. On ose relâcher la vérité. Et comme celle-ci est retenue la plupart du temps, dans cette oeuvre, elle se rue ! Et ça fait mal.
C’est inconfortable. À la limite de l’insoutenable. Comme si on se retrouvait à la porte de la gravité qui trébuche et devient soudainement perceptible ! L'impitoyable vertige.
En plein coeur de ce que beaucoup de gens autour du monde mais aussi et surtout ici chez nous ressentent à longueur de journée depuis longtemps. Très longtemps. Même ceux qui ne s’en rendent plus compte, parce qu’ils sont habitués à cette douleur enfouie, à ces histoires volontairement ignorées, aux agressions orchestrées, à la banalisation de leurs essences.
Ne voyez pas que la souffrance, voyez surtout la force ! La lumière qui frappe la cime à la hauteur de l'enracinement !
Ne voyez pas que le mal, voyez le désordre organisé...et l'irréductible harmonie.
L'union fait la force.
Et c'est bien plus avéré, naturellement, que le fameux “De plusieurs, nous ne ferons qu'un”.
Je vous invite à regarder ce film dans un moment de pleine conscience et d'attention, bien centré, ancré dans votre volonté de comprendre avant de juger, de recevoir sans s’esquiver, de voir sans distraction, de ressentir le condensé du temps qui hurle avant…et après l’inertie.
Quoi qu’il advienne, restons vivants, restons nous-mêmes, restons ensemble, restons en mouvement… 🔥❤️
Dans le cadre de la journée « Regards croisés sur la chanson francophone » présentée par l'ADISQ à l'UQAM,
je ferai partie d'un panel sur “la chanson francophone en tant que lieu d'hybridité”
en compagnoe de Raccoon, Sensei-H et Webster.
Ce vendredi 26 septembre 2025 à 13h à l'UQAM, Pavillon Athanase-David (D)
Salle D-R200 – salle de la reconnaissance
Accès :

Stéphane Garneau et son équipe m'ont invitée pour partager avec eux et avec vous ce dont j'ai envie, sur un pays qui porte une grande signification pour moi, dans ma vie et dans ma carrière. Évidemment que je vais vous parler d'Haïti ! Le pays de mes parents, mes grands-parents, de mes anciens, de tous mes combats comme de toutes mes célébrations, de mon identité personnelle et collective, du son, des mélodies, des rythmes qui m'habitent et qui m'appellent, le pays de ma persistance et de ma pérennité, le pays de mon histoire et surtout, de notre histoire à tous.
Celle qui ne nous est jamais racontée.
La seule requête qui m'accueille et me ceint à mon arrivée devant le micro : « Ne parlons pas des crises, parlons d'autre chose, restons dans le léger »
Vous comprenez que ce n'est pas sans un certain malaise et ce n'est pas dénuée de conscience que j'accepte de parler en ce moment d'Haïti dans un cadre de légèreté qui pourrait être dissonante pour ne pas dire sournoise ou hypocrite. Mais c'est mon désir et mon devoir de justement profiter de ce temps d'antenne concis pour mettre la lumière sur le vrai Haïti. L'Haïti de Dessaline, des Taïnos, des Bosals, des empires africains... L'Haïti du 14 août 1791, celui des marrons, des Moun Mòn, des paysans !
L'Haïti de mon enfance aussi, l'Haïti qui a bercé mes inspirations, où j'ai été aimée par une grande famille nombreuse, par tout un quartier, tout un village, tout une nation qui m'a transmis l'art de joindre l'être et le devenir, l'avoir et le savoir, la lutte et ses cérémonies, l'individu et son humanité.
Honneur et respect.
J'ai tout juste le temps de vous pointer la lumière. Prenez tous ces mots, ces noms, ces dates que je dissémine et allez les rechercher en profondeur.
Bonne écoute...
Bon 234e anniversaire de la Cérémonie du Bois Caïman à tous les haïtiens et à tous les peuples résistants de la terre.
Cette insurrection est encore en cours puisque tant que toutes les nations de ce monde ne seront pas libres et égales... 🔥
Let's go party people. Avanse Avanse !
Et mes hommages aux victimes de La Saline, de Delma 6, Delma 8, de Croix-des-Bouquets, de Cité Soleil, de Port-aux-Prince...
Pour vous, les chandelles sont allumées.
J'y étais cette année, à Laval, en solo et avec Muzion pis avec le beau rassemblement familial qu'on formait avec Cœur de Pirate, Bruno Pelletier (ce gars-là, direct dans ta face 😳 c'est une machine), FouKi, Sara Dufour (belle rencontre ! Ton énergie est contagieuse), Vulgaires Machins (on peut pas fermer l'show avec quiconque d'autre quand les Vulgaires sont dans la place), Zaho, Rau_ze, Kat Pereira, Florence Longpré et mes soeurs Elkahna Talbi et Ines Talbi ❤️
Très honnêtement, c'est la plus belle célébration du Québec des dernières années à laquelle j'ai assisté.
Du lousse ! Du vrai ! Du déchainé ! Ça nous ressemble.

Merci à toute l'équipe pour le coeur dans la rigueur. Pour l'amour et le respect installés entre tous, sur scène comme derrière les rideaux. Pour la justesse du courant, des échanges, de la parole et des symboles qui ont été transmis... Je plane encore.
Merci aux techniciens, aux musiciens et aux choristes qui ont bossé sans répit ! Vous êtes extraordinaires.
André Papanicolau...guitariste de feu. Merci pour l'accompagnement, pour cette parole en duo ;)
Jean-François Cardin ! Travailler avec toi, c'est pas du travail, c'est du bonheur.
Aucune inquiétude, on se laisse porter. Merci pour ta solidité et ta douceur. Merci pour ton coeur et ton respect de tous. J'te suis n'importe où !
Ines Talbi... T'es une reine. En qui on a confiance absolument.
Cette façon d'amener de l'âme, de la verve et du raisonné dans une même volonté n'est propre qu'à toi.
Merci pour tout. Pour l'oeuvre et le symbole que tu as fait de nous tous - et de moi en particulier - en cette célébration de notre nation. Ça me touche profondément.
C'est quand vous voulez, la famille !
Maintenant, d'abord et avant tout, merci aux québécois pour le naturel, pour l'ouverture, le partage, l'écoute surtout !
On était complètement ensemble pendant ce show ! Perpétuons cet instant qui est enraciné dans ce que nous sommes réellement, foncièrement !
C'est comme ça que nous nous aimons ! 😍
C'est comme ça que le monde nous voit et nous veut !
p.s.
Je tiens à saluer le grand et éternel Serge Fiori qui fut l'une de mes preières rencontres marquantes avec la voix et l'essence du Québécois.
Un artiste total, comme on n'en voit pas souvent, qui est à la fois oeuvre et créateur, âme et matière, moment et permanence.
Bonne transition et bonne continuation à toi !
Je tiens à remercier aussi Antoine Bertrand pour ce discours patriotique émouvant où il a été capable de dire ce qu'il avait dans son propre coeur, sa propre pensée mais avec les mots portés par l'histoire de notre musique depuis toujours... et il n'a rien oublié.
Il ne nous a pas oubliés non plus, nous les plus récents québécois de cette souche migratoire d'où nous nous originons tous !
J'avais à la fois les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres quand j'ai entendu « Se pou sa nou rasanble » sortant de son coeur.
Nous y sommes.
Maintenant, rappelons-nous, affirmons et affermissons-nous, léguons-nous au présent et à demain. Quel privilège et quel plaisir que ce soit en même temps un devoir et une célébration constante !
Bonne fête à tous les québécois, venus de partout !
An n ale ! Men moun yo !!!