Non mais, tu crois qu’en entendant dire « N-word », je n’entends plus le mot nègre ?
Que je crois que quiconque en disant «N-word», dans sa tête ne pense pas au nègre ?
Hey ! Faut arrêter les gars ! Mascarade à la con…
Et voilà que le mot maître de sa liberté, en toute liberté, se fait blackbouler pour devenir à lui seul maître de l’esclave...
Le nègre
est une couleur que la colonisation a attachée à la servitude,
l’opposant à la couleur blanche qu’elle associa à la liberté.
Et c’est dans la stratification des tons entre les deux que se déploie la hiérarchisation raciale, le racisme systémique.
Je ne suis pas née « libre de couleur ».
Je suis née nègre. Comme ma peau que jamais je ne blanchirai.
Je suis née nègre au nom de tous les nègres qui m’ont évoquée en criant liberté !
Nous sommes libres parce que je suis encore…Nègre !
Tu les entends crier ?
Nègre fondamental, nègre lakay, grand nègre, nèg pam…
Voici l’homme !
Le Nègre de l’exploitation de l’Homme par l’homme.
Et ce, quoi qu’il advienne…
Honneur et respect à tous les pères et toutes les mères de notre histoire
qui aux pieds de l’arbre généalogique
ont versé leur sang, ont donné leurs vies pour faire naître la mienne.
Naître et mourir, un même souffle, harmonique.
La liberté n’est amère qu’à la bouche de ceux qui craignent qu’elle les voit soumis.
Entre l’amertume de celui qui se tait et s’oublie
puis celle de celui qui pense “ Nigga, sue me”,
laquelle est la plus assassine ?
Sur mon certificat, ce lègue en signature; Douce mais tranchante, ma plume s’affine.
Laissons renaître le Nègre.
Car aucun enfant du monde ne naît aigre
aux bras de ses racines.
Jenny Salgado
Comme on dit en créole, Onè! Respè! pour et de la part de mes deux Gran Nèg, Imposs et Webster...

Dos au vestibule des incrédules
Qui se disent “dieux, déesses”...
L’amour à perte de vue
Mon coeur
Demeure
SDF
Un homme, son réalisme exclu des refs terrestres
Le Lièvre d’Alice...reclus au pays de la vieillesse
Est-ce toi ou tes rêves qui se meurent et te délaissent ?
Qui ne croient plus aux vérités qui naissent
Au bout de tes lèvres ?
Les aïeux,les ailleurs
Le foyer, le céans
L’océan...
L’évidence ?
L’omniprésence, Le silence.
Où que j’enjaille, où que je reste,
Il y a longtemps que je ne cherche plus ce qui m’abrite
Les yeux fermés... j’entends déjà tout ce qui m’habite
Et qui m’a cernée.
Hier tient le futur entre ses griffes
Balafres. Hiéroglyphes.
Prendre le large athéismes et périls
Bien ancrée / encrée
Dans ma peau comme dans la pierre
J’ouvre les paupières :
En quoi tu crées ?
Je suis Artiste. Et puérile.