Prendre le temps de se rappeler
Et en même temps, se laisser là, dans chaque instant qui a formulé notre présent...
Je sillonne l’année qu’on vient de traverser ensemble
Et c’est ce mot que j’ai envie de mettre en lumière
“Ensemble”.
Assise entre le pareil au même et les grands bouleversements, je laisse dériver mon regard sur ce qui s’illumine comme une mappe stellaire dans l’espace, qui compose et fossilise notre mémoire, sur tous ces moments qui ont été témoins de notre unité, notre humanité.
Je nous souhaite de la volonté !
C’est vrai, il y a les impulsions, les passions et l’instinct, l’inné et l’ADN du monde…
Il y a l’intelligence qui voudrait se croire dans un pouvoir sans fin et absolu.
Il y a tout ce qui tombe sous nos bombes et qu’on voudrait pourtant posséder. Ce Tout qu’on habite et qui prend soin de nous, protégeant notre innocence…mais qu’on voudrait tant cerner. Ce matérialisme chevauchant l’inconnu sur lequel on jette notre dévolu.
Il y a, non pas l’animosité mais l’animalité, le corps du souffle qui nous porte.
La finalité qui voudrait tant faire taire cette impression d’être perdu, d’avoir perdu ce qui importe…
Le conte, le rôle...le contrôle.
Pour l’année qui vient et pour toutes celles d’après
—Sans âpreté car tout ce qui est donné n’est qu’un prêt
Et tout ce qui nous est prêté n’a point de possesseur.
Ce spectacle n’est que le procès du processeur !
Deus ex machina.
Donnons-lui toutes ses formes à ce mannequinat.
Puis laissons le temps au temps… —
Je nous souhaite de l’inspiration, de la chaleur.
Suivre le courant du lâcher prise.
Voguer sans peur, ramer sans pleurs, s’aborder sans heurt.
Je nous souhaite la volonté d’honorer la Volonté.
Celle que personne ne nous a apprise.
À la fenêtre, l'unité des six branches de chaque flocon,
Comme celle de la neige blanche.
Assise devant la cheminée
La brise
J’observe les planches de bois qui se dénudent de leur couleur ambre
Et je nous souhaite à tous de ne pas oublier de vivre !
De simplement nous retrouver…
Ensemble.
❤️🔥

Cette semaine, j'ai entendu dire beaucoup de bêtises, encore... de mensonges sur l'immigration, sur les fautes des immigrants, sur tout ce qui ne va pas au Quebec et qu'on leur met - par imposture ? par peur ? par négligence facile ? - à tort sur le dos.
J'ai entendu dire aussi qu'on n'entendait pas suffisamment la voix de ces immigrants, qu'on ne les voyait pas prendre parole pour se défendre ;
*Tchuip...
Et personne n'a pensé que ces immigrants sont peut-être trop occupés à survivre pour accorder du temps et de l'énergie à vos balivernes médiatiques ?
Que d'autres sont bravement essoufflés mais debouts, humbles devant l'horizon et simplement reconnaissants d'avoir survécu à la mer ? Ou d'avoir été portés par elle ?
Et que d'autres peut-être n'en ont plus rien à battre et ne sont plus ébranlés par ces calomnies qui se répètent en boucles depuis trois ou quatre générations déjà ?
Ils sont occupés à vivre. À vivre leurs vies. Et les nôtres aussi. Trop occupés à transmettre le vivant et l'amour pour que la médiocrité et la mesquinerie n'arrivent ne serait-ce qu'à leurs chevilles.
Oui, on est là. Là où tous les moments de cette vie qu'on partage nous ont voulus. Là, pas qu'au passé, pas que pour passer mais comme le présent... et l'avenir.
🔥
Méfiez-vous du typhon qui dort.
Car le silence ne dort pas quand il est d'or.

« Lire…c’est oser le vertige.
Que serait mon élan sans mon antan ?
Memoria.
Le mat qui tient la voile a toujours besoin d’un socle solide.
On peut donc lire comme on se souvient. Car derrière chaque livre, on lit d’autres livres, parfois jamais écrits mais tapis au fond de nous.
Jour de lecture, jour de rencontres, jour de réveil ! Qu’on nous frotte les yeux !
Parfois, démiurge, un auteur lève un rideau et vous dévoile tout ce que vous ignoriez en croyant connaitre un être cher.
C’est Hemingway qui m’a tout appris du courage, de la volonté, de l’abnégation, de la dignité, de la condition de mon grand-père, pêcheur Niodioroi…
Alors, quand on me parle de l’identité d’un écrivain, je réponds : foutaises !
Lire un auteur par et pour ses origines n’est que pure hérésie littéraire.
La fragilité de l’humain, les questions existentielles et la vision du monde que les bons auteurs savent nous transmettre rendent toutes les frontières poreuses.
Tentaculaire, la généalogie littéraire surplombe toutes les barrières. Nous sommes dispersés sur le globe mais la littérature nous tisse des liens. »
Fatou Diome (Le vieil homme sur la barque)

*Ma chronique d'aujourd'hui est inspirée par Lovhard Dorvilier alias Le Voyou, l'un des membres les plus importants de la grande famille de Muzion, la “Dynastie des Morniers”.
Il était un peu le 2Pac du Hip Hop québécois, ne mâchait pas ses mots, avait un charisme qui le précédait mais formulait des reflexions profondes et nuancées et représentait la voix et les voies de la rue avec beaucoup d'authenticité, de générosité, d'intelligence et de perspective. Il en a fait réfléchir plus d'un et a changé plusieurs vies autour de lui.
Si l'image vaut mille mots - et Dieu sait qu'il en avait toute une - seul le vécu et la souveraineté de conscience permettent ce détail dans les images qui nous captivent longtemps et l'éloquence qui marque et déploie, le temps d'une existence, d'une biographie, l'imaginaire et la créativité qui nourissent le mouvement individuel qui sert et fait vivre l'ensemble. Car c'est à l'ensemble qu'on revient. Et c'est toujours ensemble qu'on devient.
Pour moi, Le Voyou a été l'une des plus grandes figures masculines de ma vie, quelqu'un avec qui j'ai partagé beaucoup d'amour, beaucoup d'agir, beaucoup de souvenirs, de rêves et de devenir et aussi beaucoup de musique, de savoir et de ittérature... Comme il le disait souvent : « Faut apprendre à faire le deuil. Des fois même de soi-même » pour devenir encore et pour toujours.
L'oeuvre du Voyou, celle qu'a été sa vie, m'a inspiré ma lecture de celle de Shaka Senghor que je vous présente aujourd'hui...

Dans tout le parcours de Muzion, le premier groupe qui a connecté avec nous en sortant des sentiers battus et en nous invitant dans leur propre culture, sur leur scène et a confirmé que le Punk Rock et le Hip Hop sont deux forces alliées et complémentaires ? : Les Vulgaires Machins
Mais quelle riche moment c'est pour moi, avec le recul de plusieurs années plus tard, alors que nous sommes tous encore dans le vif de l'action et de la nécessité de conscience, de manifester cette évidente connexion avec eux.
Par les temps qui courent, il était de mise que j’accepte leur invitation à mettre le feu et à sabrer le champagne ensemble sur cette bombe à retardement de dingues.
Alors, champagne au sol et fiyah pun dem pour « L’effondrement qui vient » ! Feu à volonté !
Et à l’amour, la famille ! À l'amour ! ❤️🔥
Mon couplet :
Quand c’est pas la mer, c’est l’amertume qui tue
Le rêve qui veut t’asphyxier
La démocratie qui nous malmène :
« My man… Appelle-moi M’sié »
La liberté te mord,
Dévore ton futur à chaque bouchée
La fable qui endort l’Homme
Que la Femme va accoucher !
Est-ce que l’amour suffira,
Se fiera au temps qui a raison ?
Va-t-elle lui donner sa vie…ou ses bras,
Son cordon de pendaison ?
Sa guerre,
La peur de l’inconnu, de l’histoire qu’on écrit ?
Se vaincre ou se taire
Avant que l’enfant ne desserre les poings et lâche son premier cri ?
Ayida Wedo !
Que le ciel m’accompagne !
Le bébé sur le dos
La mitraille sous le pagne
Banger dans la bagnole
Ce soir, on sort du bagne !
Champagne au sol car le rêve crève…
Que le jour se lève !